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mercredi 2 novembre 2011

L'entretien de carrière

Puisque nous sommes dans un club jeune et dynamique, où nous mettons en œuvre les meilleures pratiques du management moderne, comme le dialogue, la franchise et la confiance, et ça, Mario Ledesma pourra en témoigner, j'ai décidé, après avoir paraphé mon nouveau contrat et après la légère fronde née du retour de nos derniers internationaux, de recevoir individuellement les joueurs pour faire un point avec eux de leurs ambitions, objectifs, performances et autres mots rigolos qu'on utilise, nous les managers, pour motiver les gars, les mettre en mouvement, fédérer leurs énergies positives, faire naître la synergie, favoriser la dynamique de groupe (les 3 F !), bref, botter le cul des mecs pour qu'ils se tirent les doigts de ce même fondement et qu'ils ne nous gâchent pas une saison qui commence si bien en quart de finale de la HCUP et en finale du championnat.
A tout seigneur tout honneur, j'ai reçu pour commencer ces entretiens, l'âme de l'équipe, le grand guerrier blond des âges farouches, l'homme bionique, l'égérie du calbute moule-burnes, l'homme qui a la cheville qui gonfle (la preuve en image ci dessous), celui qui manipule la presse
internationale pour protéger les joueurs les plus faibles, j'ai nommé Roro, le meilleur centre du monde (en-finale-de-la-coupe-du-monde-uniquement).
Je l'ai fait asseoir dans mon bureau. Il avait l'air détendu, avec son petit sourire en coin habituel, le genre qu'il aime bien prendre pendant les interviews, un peu distant, un peu amusé, les mains dans les poches de sa polaire...
- Aurélien, si je t'ai fait venir, c'est pour parler de ton avenir et faire un bilan de ta carrière.
- Ouais, pas si mal : 1 Brennus, 1 bouclier européen, 4 finales du championnat, 1 finale de Challenge Cup, 1 coupe de la ligue, 2 grands chelems, 3 coupes du monde dont 1 finale...
- Oui, je sais Aurélien, aux RH, ils m'ont donné ta page Wikipédia quand je leur ai commandé ton dossier. Non, je voulais te demander, à ce moment de ta vie, comment tu voyais ton avenir en jaune et bleu ?
- En 10.
- Comment ça "en 10" ?
- Ben ouais, en 10, comme Morgan.
J'ai failli prendre ça à la rigolade en lui répondant qu'on avait suffisamment de soucis en défense dans la zone de l'ouvreur pour ne pas rajouter une fragilité, mais il avait l'air tellement sérieux... Et pour cause, il l'était :
- Et ouais ! Je suis quelqu'un, moi. Moi, je suis Aurélien de Clermont. Y'a même un mec qui a écrit un bouquin sur moi, alors que j'avais même pas trente ans. T'en connais beaucoup des mecs sur qui on écrit des bouquins alors qu'ils ont pas trente ans ? Moi, j'en connais pas. A part Rimbaud et Mike Brandt, mais bon, ils sont morts, alors c'est pas pareil...
Ça faisait beaucoup de "moi" dans la même tirade. J'ai essayé de l'interrompre :
- Mais en 10, tout de même !
- Attends Coach, faut être lucide : c'est l'embouteillage derrière. Tu crois que Sivivatu, Byrne et King vont faire banquette pour regarder jouer Fofana, Malzieu et Floch ? Sans compter sur le retour de Nap's. J'ai la solution : je me reconvertis en ouvreur. Quand David va se blesser, il faudra quelqu'un pour aider Brock. Me voila ! C'est mon destin : j'ai commencé 14, je suis 13, je saute le 12 et je me retrouve 10. C'est ma-thé-ma-ti-que.
- Mais enfin Aurélien, tu as deux pieds gauche !
- Honnêtement, Coach, si on t'avait dit, il y a deux ans, que je serai titulaire au centre en finale de la coupe du monde, tu l'aurais cru ? Et même François s'est amélioré au pied.
Ça, c'était à la fois un coup bas et un argument imparable...
- Tu sais, Vern, tu permets que je t'appelle Vern, on va pas se la jouer : mon père est dentiste et ma mère conseillère municipale d'une agglomération de 300 000 habitants, j'habite à Beaumont, donc je ne fais pas de complexe vis à vis de ma place dans la société. Je n'ai rien à prouver. C'est d'ailleurs ce qui me différencie de Berbizier et me permet de prendre pas mal de recul vis à vis des évènements tout en me foutant de la gueule des journalistes en toute impunité. En plus, ça m'a donné un peu de culture générale. J'ai lu Nietzsche, tu sais. Ainsi parlait Zarathoustra... La métamorphose de l'esprit :
"Je vais vous dire trois métamorphoses de l'esprit : comment l'esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant."
- Et bien, moi, je suis comme l'esprit : je me métamorphose. Je t'explique : au début, j'étais chameau. Le poids de la tradition, un poste en rapport avec mon bagage technique et mes qualités. J'étais jeune, j'avais les cheveux courts : ailier. 22 essais en équipe de France, la misère à Toulouse en 2007, simple, efficace. Mais, petit à petit, je deviens "Lion".
Ici l’esprit devient lion, il veut conquérir la liberté et être maître de son propre désert.
- Je suis le capitaine mais je vieillis dans mes certitudes. Je dois évoluer sinon, je vais terminer remplaçant de luxe dans une équipe du sud-ouest. Donc, je me reconvertis trois-quarts centre : je ne me dis plus "Je dois" mais "Je veux" !
Créer des valeurs nouvelles – le lion même ne le peut pas encore : mais se rendre libre pour la création nouvelle – c’est ce que peut la puissance du lion.
- Tu l'as compris, Vern, aujourd'hui je suis assez puissant pour être libre de mes choix. Mais, pour opérer une dernière métamorphose, je dois tout oublier, je dois me refonder, je dois repartir de l'enfance :
L’enfant est innocence et oubli, un renouveau et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, une sainte affirmation.
- Regarde Morgan. N'est-il pas lui même cet enfant innocent qui accepte tous les défis avec morgue et insolence ? N'est-il pas l'essence même du jeu, faite d'enthousiasme et d'oblation sans contrepartie ? Je veux être comme lui.

Là-dessus, il se lève en disant :
- C'est la raison pour laquelle je vais aller taper quelques pénalités.
Et il s'en va...

J'avoue que j'étais un peu abasourdi par ce plaquage cathédrale. Je suis allé voir Jean-Marc qui faisait une simulation de la saison sur Rugby Manager dans son bureau.
- Y'a pas à dire, Vern, on n'arrivera jamais à faire jouer tout le monde cette saison. Le logiciel est formel !
- Justement, je viens te voir pour ça. Tu connais Nietzsche ?
- Nietzsche... Nietzsche... Attends voir.... C'est pas le mec qui a écrit "Deviens ce que tu es" et qui est mort fou ?

Nota : Les métamorphoses de l'esprit ici.

mardi 1 novembre 2011

Le retour des sales gosses

Ça y est. Roro, Morgan et les deux Julien sont rentrés au bercail. Au début, je ne les ai pas trop trouvés changés. Certes, Aurélien s'est fait greffer une épaule bionique et parle comme un terminator, Morgan a le nez de Fabien Galthié, Julien Pierre a adopté une famille de cormorans rescapés de la marée noire et Jubon a grandi. En fait, il n'a pas vraiment grandi : il ne touche littéralement plus le sol. Il est en lévitation permanente. C'est Chuck Norris qui lui aurait appris ça...
C'est lorsqu'ils sont arrivés au stade pour l'entraînement que les ennuis ont commencé. D'abord Roro a refusé de m'adresser la parole. Il avait les mains dans les poches de sa polaire comme d'hab, mais le regard vers le sol, les écouteurs sur les oreilles, dans sa bulle. Je lui ai demandé ce qu'il avait. Il m'a répondu brusquement :
- C'est bon, vas-y, lâche-moi !
Et il est parti pousser de la fonte tout seul au lieu d'aller bosser les lancements de jeu avec Franck. Quand on a fait une mise en place tactique, il était en salle de vidéo. Et quand on a fait le débriefing, il tapait des coups de pieds tout seul sur le terrain.
Au bout d'un moment, j'en ai eu marre et je suis allé le voir pour connaître les raisons de ce comportement étrange. Il m'a répondu avec un aplomb remarquable :
- Je me gère tout seul. J'ai pris les clés du camion. J'ai été capitaine du XV de France, moi ! Je n'ai pas besoin d'entraîneur, de cahier de jeu ou d'un mec qui me dise ce que je dois faire. Cette aventure, c'est la mienne, pas la tienne.
Et puis il a hurlé :
- J'étouffe, moi !!!
Le bruit a fait accourir les autres. Julien Pierre est monté sur une caisse en bois et a pris la parole :
- Camarades joueurs ! Halte à l'exploitation, non au schémas tactiques stéréotypés, oui à la liberté dans le jeu ! Les entraîneurs, les sélectionneurs, les présidents nous exploitent ! Quand on gagne, il n'y en a que pour eux. Mais quand on perd, on crie haro sur les joueurs ! Nous sommes tous des prisonniers politiques ! Nous sommes tous des François Trinh Duc ! Prenez le pouvoir ! Le terrain est à nous ! Sous la pelouse, la plage !
Et il a commencé à scander, poing levé :
- Li-ber-té-pour-les-jou-eurs ! Li-ber-té-pour-les-jou-eurs ! A-mort-le-sé-lectionneur ! Mar-ty Président !
Morgan a gueulé :
- Allez, tous sur le terrain ! Je vais vous expliquer comment concilier réappropriation de l'organisation collective et intelligence situationnelle. Vivons l'utopie ! La chienlit, c'est lui !
Il m'a montré du doigt et a entraîné toute l'équipe sur la pelouse en hurlant :
-Au-togestion ! Au-togestion !
Jean-Marc et moi nous sommes réfugiés à l'En But. On s'est dit que ce serait le dernier endroit où on pourrait rencontrer un anarcho-syndicaliste. On a tout de même été un peu surpris de trouver Julien Bonnaire qui donnait une leçon de cuisine :
- Alors, pour les croustillants de langoustines à la mélisse, vous avez la possibilité de les marier harmonieusement avec un gaspacho de romaine. La semaine prochaine, je vous préparerai des tièles de Sète aux coudes de homard.
Les deux chefs écoutaient religieusement en prenant des notes.
Après quelques instants, et non sans avoir donné quelques conseils boursiers à l'assemblée, il est venu nous voir, un peu gêné. Il avait un cahier à la main.
- Coach, c'est mon carnet de notes de la coupe du monde...
J'ai pris le document qu'il me tendait. C'était effectivement un cahier de correspondance, comme ceux de mes enfants. Sur la couverture, on pouvait lire :
"Université de Marcoussis - performances individuelles".
Il y avait une photo de Jubon à 13 ans (le même, avec des cheveux...), l'emploi du temps du groupe France, et, en quatrième de couverture, un mot de Jo Maso destiné aux parents de joueurs, signé "Le CPE".
J'ai feuilleté le bouquin. Julien me regardait nerveusement et se trémoussait sur place.
J'ai parcouru ses appréciations :
"Joueur appliqué, colle bien au ballon. Excellent sauteur. Participe. Parfois réservé, doit s'affirmer davantage."
Ses notes étaient excellentes et ses statistiques du même tonneau. Je l'ai regardé et je lui ai dit :
- C'est très bien Julien !
Il a rougi en rentrant la tête dans les épaules.
- Mais dis-moi, c'est quoi ce zéro en plaquage ?
Il a répondu un peu vexé :
- C'était sur l'essai tongien...
- Bon c'est pas très grave. Tu peux aller jouer avec tes copains.
- Merci !
Il a souri et il est reparti tout heureux.
C'est à ce moment que mon téléphone portable a sonné. C'était Guy Novès. Il était tout paniqué.
- Vern, j'ai un problème !
- Je sais, j'ai le même. Et je parie que Thierry Dusautoir est venu t'apporter son carnet de notes en t'annonçant fièrement qu'il était premier de la classe.
- Exactement !
- Ne t'inquiète pas. Je pense que ça va passer. Les enfants sont toujours un peu déboussolés quand ils rentrent de la colonie de vacances...

mardi 25 octobre 2011

Jetlag ou gueule de bois

Et voila ! Le rugby est (re)devenu, après cinq lustres, ce sport qui se joue à quinze (plus un arbitre...) où la Nouvelle Zélande gagne à la fin, et où les Français sont des perdants magnifiques.

Tout va bien, le conte de fée écrit par l'IRB s'est bien réalisé, et la France s'est même réconciliée avec ses rugbymen, et dans quatre ans, c'est au tour de l'hémisphère nord d'être champion du monde. C'est quand même bien fait le rugby !

On va arrêter les comportements schizophrènes, le matin en Nouvelle Zélande, l'après midi en Top 14 et retrouver une hygiène de vie normale (la bière avant midi, j'ai toujours un peu de mal...).

Je vais pouvoir me concentrer à fond sur le rugby hexagonal et bien préparer la réception de Biarritz. Mais peut-on vraiment parler de rugby quand on évoque Biarritz ? D'un autre côté, ils jouent un peu comme le XV de France, donc ils seraient capables de venir gagner au Michelin. Ce sont les derniers à l'avoir fait en plus...

Et pour tourner définitivement la page, quelques observations rapides sur cette coupe du monde (pour le bilan sérieux et exhaustif, d'autres le feront mieux que moi...) :
- Les Boks n'ont toujours pas compris pourquoi on les a empêchés de jouer la demie contre les Blacks.
- Quand on voit les matches de l'Australie, on se dit que Brock aurait pu la jouer cette coupe du monde...
- Le New Zealand Herald est toujours d'accord pour dire que c'est une injustice que la finale a été gagnée par l'équipe la plus violente et qui a joué le plus mal ?
- Quand on voit le match de Trinh Duc, on se demande si c'était vraiment une bonne idée de déglinguer Parra...
- La célébration de la victoire des Blacks en Nouvelle Zélande, c'est à peine plus fort que celle du Brennus à Clermont-Ferrand.
- Ceux qui disent que les Blacks ont joué à 16 (15 + M. Joubert) se trompent : on ne peut pas dire que Piri Weepu ait joué la finale...
- De toute façon, on a bien vu que la pénalité de Donald ne passe pas, et que celle de Yachvili passe !
- Le stock de meilleurs joueurs du monde est épuisé : il va falloir en trouver d'autres que Mc Caw, Dusautoir, Williams, O'Driscoll et Carter. Messieurs les journalistes, il va falloir passer vos obsessions compulsives sur de nouvelles victimes...
- En tout cas, le meilleur joueur d'Auvergne, c'est Julien Bonnaire.
- Les récompenses individuelles de l'IRB, c'est comme la nuit du rugby : lot de consolation au finaliste, et tout le reste au vainqueur. Désolé MM. Deans et Gatland...
- Bon, c'est quoi ma troisième ligne titulaire maintenant ? Bon, c'est quoi ma ligne de trois-quarts titulaire maintenant ? Bon, c'est qui ma charnière titulaire maintenant ? Ce complot contre l'ASM, c'est dingue !!!

Quant à moi, je vais me retirer pendant quelques jours dans la montagne auvergnate, pour méditer cette victoire du rugby contre les méchants Français, égorger quelques chèvres et dédier quelques libations aux divinités maories.

D'ici là, so long and thanks for all the rugby !

Ah oui ! J'oubliais : sorry, good game !..

samedi 22 octobre 2011

French Invaders

Bon, j'ai été sérieux 5 minutes, c'est pas pour ça qu'il faut baisser la garde.
Demain, comme l'avait dit Nathan Hines avant de (re)fouler (au pied) la pelouse d'Aimé Giral (et les Usapistes), sur le terrain, il n'y aura plus d'amis.
Lorsque Quade Cooper a quitté le terrain pendant la petite finale, il a eu le temps, sur le banc des remplaçants, de m'adresser ce message d'amitié, qui a été ensuite légèrement retouché par Morgan (qui ferait mieux de travailler ses coups de pieds longs au lieu de faire des montages sur Internet).
Je le publie, parce que c'est de bonne guerre (c'est le cas de le dire...) :



A côté de ça, je dois le reconnaître, les Blacks, c'est des playmobils dans le stade de Colombes (même un jour d'affluence...).

Nota : l'original est .

jeudi 20 octobre 2011

I have a dream

Eden Park d'Auckland, lundi 24 octobre 2011, 0400 locales.

Le commissaire Lapasset, de l'IRB (internationale de la répression du banditisme), entre sur la pelouse et contemple les tribunes désertes dans la froideur du printemps néo-zélandais. Autour de lui, les experts de la police scientifique s'affairent.
L'inspecteur Eagle l'accueille un gobelet de café à la main.
- Où est le cadavre ?
- Au centre du terrain.
- On dirait qu'il y a eu une fête ici ?
- Ouais, mais elle a été gâchée à la fin...
Le commissaire Lapasset s'approche de la scène du crime en marchant sur les confettis. Il jette un regard, puis a un mouvement de recul.
- Oh mon Dieu, c'est moche !
- Ouais...
- J'ai déjà vu ça, en 2007, au Pays de Galles. Une vraie boucherie... Pas un bon souvenir, vraiment...
Il esquisse une grimace de dégoût puis reprend :
- Des témoins ?
- Plein. On a même pu assister au carnage en mondovision !
- Mais comment a-t-on pu laisser faire une chose pareille ?
- Personne ne l'a vraiment vu venir... Il faut dire que c'était vraiment trop énorme... Une sorte de 11 septembre du sport...
- Et où sont les suspects ?
- Ils ont quitté le pays et ont fui en France. Ils ont échappé de peu au lynchage, ici.
Le commissaire Lapasset prend un air inquiet.
- En France ? Les salauds ! Il faut absolument régler cette affaire rapidement. Je joue ma tête sur ce coup moi ! On ne va pas pouvoir enchaîner une défaite des Blacks à domicile et une coupe du monde dans la banlieue de Fukushima. Surtout avant Marty 2012 ! Il en va de la réputation du service !
- Ouais... En attendant, le rugby est mort pour les quatre prochaines années.
- Bon, où sont les témoins directs ?
- Voici le premier. Monsieur.... Craig Joubert, citoyen sud-africain.
Un homme vêtu de jaune aux yeux dans le vague s'approche à petits pas. Il a l'air complètement abruti.
- Je... Je n'ai rien pu faire... Ils... Ils étaient comme une meute de loups... On aurait dit une équipe composée uniquement de Vosloo et de Bardy, emmenés par Chucky la marionnette psychopathe... Je crois qu'après avoir vu ça, je ne pourrai plus jamais arbitrer en Afrique du Sud...
Et M. Joubert de fondre en larmes.
Le commissaire Lapasset reprend :
- Quelqu'un d'autre ?
- Monsieur... Graham Henry... Le responsable de la sécurité.
- Ah ! Le vigile du stade ! Beau travail, vraiment !
Un vieil homme au crâne dégarni s'approche, dévasté. On dirait un Gallois après une course de voiturette de golf. Le commissaire Lapasset fut pris de pitié pour cet homme détruit.
- Lui aussi a failli se faire lyncher. D'ailleurs, la France lui a proposé l'asile politique.
- Ah non ! Tous les coupables ne vont pas s'enfuir en France ! On a déjà laissé filé Berbizier et Jo Maso... Bon, Monsieur... Henry, qu'avez-vous à déclarer ?
- Il n'y a pas de mot pour dire ce que je ressens. C'est comme si j'avais joué cent ans pour l'ASM...
Soudain, un forcené fait son entrée sur la pelouse. Grand, maigre, le regard ahuri. Il hurle à tue-tête :
- Quel match ! Quel match ! J'adore ce joueur ! J'adore ce joueur ! La chaaaarge de Julien Bonnaire ! C'est incroyable ! Et l'on ouvre ! Attention Thierry ! Mêlée intéressante sur les 40 mètres !
Le commissaire Lapasset interroge l'inspecteur Eagle :
- Qui c'est ce guignol ?
- Un Français. Ils ont pas voulu le ramener avec eux... Il est pas méchant, juste un peu bruyant...
- Mouais... Je suis pas sûr que ce soit une bonne publicité pour le service de le laisser en liberté. Coffrez-moi cet abruti... Sinon, on connaît les complices ?
- Il s'agirait d'un gang australo-irlandais. Des durs à cuire. C'est eux qui ont préparé le terrain. Mais bon, ils clament leur innocence. Ils disent qu'ils ont été manipulés...
- Ça ne m'étonnerait pas... Comment s'appelle le chef des Français ?
- Lièvremont. Un repris de justice au système pileux douteux. Un fou, un psychopathe totalement imprévisible. Un génie du crime, quoi.
- P... On n'est pas dans la merde.
A l'extérieur du stade, des explosions se font entendre.
- C'est toujours l'émeute dehors, on se croirait à Misratta...

C'est à ce moment-là que je me suis réveillé. Heureusement, c'était un mauvais rêve...

PS : je suis tout de même très inquiet. J'ai des raisons.

lundi 17 octobre 2011

Il faut laisser gagner les Blacks !

Bon, les gars, on va pas se la jouer, hein ? On a bien rigolé pendant trois semaines : La défaite contre les Tonga, c'était marrant. Vous avez battu les Anglais, tout le monde s'en félicite. Les Gallois ont été trop nuls pour vous battre. Tant pis pour eux.

Maintenant, il faut laisser les grandes personnes jouer au rugby.

Les Boks ont eu la faiblesse de perdre contre les Aussies (on peut pas vraiment dire que ces derniers aient gagné...), ce qui fait que la seule équipe qui pouvait battre les Blacks est rentrée gentiment à la maison. D'ailleurs, je pense qu'ils vont mettre longtemps avant de comprendre ce qui s'est passé...

Bref, tout ça pour vous dire qu'il est hors de question que vous sortiez votre exploit habituel dimanche prochain. Dimanche prochain, un pays de 3,5 millions de personnes va mettre la pile à la cinquième puissance mondiale.

Pour vous, après tout, c'est n'est rien.

Vous êtes déjà bien contents d'être là alors que vous auriez dû prendre l'avion depuis longtemps sans la cruauté de l'IRB pour les petites nations. Vous vous rendez compte de la joie que vous avez donnée à une personne seule et âgée comme Jo Maso, et à des jeunes en difficultés comme Alexis Palisson et Jean-Marc Doussain, sans parler de Fabrice Estebanez qui a réalisé un super carnet de voyage ? Profitez de votre séjour, soyez sympa avec les femmes de chambre et rentrez chez vous bien sagement. Vous avez beaucoup mieux à faire à Marcoussis, Toulouse, Clermont ou Biarritz et le rugby ne s'en portera que mieux (surtout à Biarritz, ça urge vraiment !).

Pour nous, cette coupe du monde, c'est tout.

Vous, vous êtes le pays des arts et des lettres, de la haute gastronomie, des chiffres et des lettres, du bon goût et de la mode. Vous envoyez des fusées dans l'espace, vous jouez à la guéguerre avec les États Unis et la Grande Bretagne, vous avez droit de reprendre du dessert pendant le G20 et franchement, vous n'êtes pas à un titre de champion du monde près. Même en escrime, vous gagnez !

Alors que nous, de qui pouvons-nous être fiers ?

De Peter Blake et de Kylie Minogue (ah non, pardon, elle est même pas néo-zélandaise...) ? Du mouton et du Seigneur des Anneaux ? N'oubliez pas que la Nouvelle Zélande est le pays qui a été colonisé par les Australiens qui ont réussi à s'enfuir ! Si vous nous enlevez le rugby, vous allez créer une catastrophe sans précédent : dénatalité, déprime collective, récession économique et j'en passe. Bref, vous allez foutre tout un pays dans la merde. Vous ne croyez pas que vous avez d'autres priorités en ce moment ? Vous ne croyez pas qu'il y a une crise économique mondiale à régler, un printemps arabe à accompagner et une campagne présidentielle Marty 2012 à ne pas rater ?

Vous ne croyez pas que vous nous avez fait assez de mal comme ça ?

Entre les massacres de Maoris perpétrés par Marion Dufresne, les essais nucléaires et le Rainbow Warrior, sans parler de Cardiff et de 1999, il me semble que la France nous doit bien une petite faveur.

Non, non, non.

Continuez à nous piller nos joueurs et nos entraîneurs, on vous les laisse de bon cœur, de toute façon, pour ce que vous en faites... Mais, for God's sake ! laissez-nous la coupe du monde !

N'allez pas ajouter une injustice à un tremblement de terre et une marée noire : nous avons assez souffert.

J'en appelle donc à la magnanimité et la générosité françaises, mais également à votre respect pour le jeu de rugby : vous avez déjà suffisamment gâché la fête en 1999 et 2007 !

En plus, ça facilitera la convalescence de Jonah Lomu et ça calmera un peu Christian Jeanpierre.

D'avance merci.

VC

dimanche 9 octobre 2011

Lancement de la campagne Marty 2012


Vern Cotter, Pierre Villepreux et Guy Novès n'approuvent pas le message suivant.

Ceci est un message enregistré depuis l'émetteur pirate et réactionnaire de France Régions 3 Auvergne. Le brouillage ou l'impression de régression temporelle que vous pouvez ressentir en lisant ce blog n'est pas le fait du contre espionnage ennemi : si vous êtes victime d'interférences, c'est peut être que vous avez passé la soirée avec Mike Tindall.


Auvergnats, Auvergnates,

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête du rugby français, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la victoire du french flair, s'est mis en rapport avec l'IRB pour obliger les libérations de balles rapides.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force physique, technique et tactique, de l'hémisphère Sud.

Infiniment plus que leur poids, ce sont les plaquages, l'envie, l'enthousiasme qui nous font reculer. Ce sont les plaquages, l'envie, l'enthousiasme qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui, et à se faire pousser la moustache.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause, moi qui ai perdu trois finales consécutives, je vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire revenir un jour la victoire du rugby "Gigot-haricots".

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a David Marty derrière elle. Elle peut faire bloc avec ce trois-quarts centre de devoir qui tient les ballons et continue la lutte pour le jeu à zéro passe. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites ce jeu fait de percussions et de passage au sol.

Toutes les fautes de main, toutes les montées défensives en retard, toutes les ballons gardés au sol, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force physique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force physique supérieure, celle de David Marty. Le destin du rugby français est là.

Moi, leblogdevern, actuellement à Clermont-Ferrand, j'invite les entraîneurs et les rugbymen français qui se trouvent en Auvergne ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs maillots ou sans leurs maillots (je pense à ceux qui posent pour les calendriers), j'invite les éducateurs des écoles de rugby du pays cathare et les préparateurs physiques adeptes de la créatine, les ménagères de moins de cinquante ans qui ont connu le rugby grâce à Sébastien Chabal et les anciens collaborateurs d'Albert Ferrasse qui se trouvent en Auvergne ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi pour soutenir la candidature Marty 2012.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance au beau jeu ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Sans passe, la France sera plus forte.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai sur ce blog.