jeudi 20 octobre 2011

I have a dream

Eden Park d'Auckland, lundi 24 octobre 2011, 0400 locales.

Le commissaire Lapasset, de l'IRB (internationale de la répression du banditisme), entre sur la pelouse et contemple les tribunes désertes dans la froideur du printemps néo-zélandais. Autour de lui, les experts de la police scientifique s'affairent.
L'inspecteur Eagle l'accueille un gobelet de café à la main.
- Où est le cadavre ?
- Au centre du terrain.
- On dirait qu'il y a eu une fête ici ?
- Ouais, mais elle a été gâchée à la fin...
Le commissaire Lapasset s'approche de la scène du crime en marchant sur les confettis. Il jette un regard, puis a un mouvement de recul.
- Oh mon Dieu, c'est moche !
- Ouais...
- J'ai déjà vu ça, en 2007, au Pays de Galles. Une vraie boucherie... Pas un bon souvenir, vraiment...
Il esquisse une grimace de dégoût puis reprend :
- Des témoins ?
- Plein. On a même pu assister au carnage en mondovision !
- Mais comment a-t-on pu laisser faire une chose pareille ?
- Personne ne l'a vraiment vu venir... Il faut dire que c'était vraiment trop énorme... Une sorte de 11 septembre du sport...
- Et où sont les suspects ?
- Ils ont quitté le pays et ont fui en France. Ils ont échappé de peu au lynchage, ici.
Le commissaire Lapasset prend un air inquiet.
- En France ? Les salauds ! Il faut absolument régler cette affaire rapidement. Je joue ma tête sur ce coup moi ! On ne va pas pouvoir enchaîner une défaite des Blacks à domicile et une coupe du monde dans la banlieue de Fukushima. Surtout avant Marty 2012 ! Il en va de la réputation du service !
- Ouais... En attendant, le rugby est mort pour les quatre prochaines années.
- Bon, où sont les témoins directs ?
- Voici le premier. Monsieur.... Craig Joubert, citoyen sud-africain.
Un homme vêtu de jaune aux yeux dans le vague s'approche à petits pas. Il a l'air complètement abruti.
- Je... Je n'ai rien pu faire... Ils... Ils étaient comme une meute de loups... On aurait dit une équipe composée uniquement de Vosloo et de Bardy, emmenés par Chucky la marionnette psychopathe... Je crois qu'après avoir vu ça, je ne pourrai plus jamais arbitrer en Afrique du Sud...
Et M. Joubert de fondre en larmes.
Le commissaire Lapasset reprend :
- Quelqu'un d'autre ?
- Monsieur... Graham Henry... Le responsable de la sécurité.
- Ah ! Le vigile du stade ! Beau travail, vraiment !
Un vieil homme au crâne dégarni s'approche, dévasté. On dirait un Gallois après une course de voiturette de golf. Le commissaire Lapasset fut pris de pitié pour cet homme détruit.
- Lui aussi a failli se faire lyncher. D'ailleurs, la France lui a proposé l'asile politique.
- Ah non ! Tous les coupables ne vont pas s'enfuir en France ! On a déjà laissé filé Berbizier et Jo Maso... Bon, Monsieur... Henry, qu'avez-vous à déclarer ?
- Il n'y a pas de mot pour dire ce que je ressens. C'est comme si j'avais joué cent ans pour l'ASM...
Soudain, un forcené fait son entrée sur la pelouse. Grand, maigre, le regard ahuri. Il hurle à tue-tête :
- Quel match ! Quel match ! J'adore ce joueur ! J'adore ce joueur ! La chaaaarge de Julien Bonnaire ! C'est incroyable ! Et l'on ouvre ! Attention Thierry ! Mêlée intéressante sur les 40 mètres !
Le commissaire Lapasset interroge l'inspecteur Eagle :
- Qui c'est ce guignol ?
- Un Français. Ils ont pas voulu le ramener avec eux... Il est pas méchant, juste un peu bruyant...
- Mouais... Je suis pas sûr que ce soit une bonne publicité pour le service de le laisser en liberté. Coffrez-moi cet abruti... Sinon, on connaît les complices ?
- Il s'agirait d'un gang australo-irlandais. Des durs à cuire. C'est eux qui ont préparé le terrain. Mais bon, ils clament leur innocence. Ils disent qu'ils ont été manipulés...
- Ça ne m'étonnerait pas... Comment s'appelle le chef des Français ?
- Lièvremont. Un repris de justice au système pileux douteux. Un fou, un psychopathe totalement imprévisible. Un génie du crime, quoi.
- P... On n'est pas dans la merde.
A l'extérieur du stade, des explosions se font entendre.
- C'est toujours l'émeute dehors, on se croirait à Misratta...

C'est à ce moment-là que je me suis réveillé. Heureusement, c'était un mauvais rêve...

PS : je suis tout de même très inquiet. J'ai des raisons.

lundi 17 octobre 2011

Il faut laisser gagner les Blacks !

Bon, les gars, on va pas se la jouer, hein ? On a bien rigolé pendant trois semaines : La défaite contre les Tonga, c'était marrant. Vous avez battu les Anglais, tout le monde s'en félicite. Les Gallois ont été trop nuls pour vous battre. Tant pis pour eux.

Maintenant, il faut laisser les grandes personnes jouer au rugby.

Les Boks ont eu la faiblesse de perdre contre les Aussies (on peut pas vraiment dire que ces derniers aient gagné...), ce qui fait que la seule équipe qui pouvait battre les Blacks est rentrée gentiment à la maison. D'ailleurs, je pense qu'ils vont mettre longtemps avant de comprendre ce qui s'est passé...

Bref, tout ça pour vous dire qu'il est hors de question que vous sortiez votre exploit habituel dimanche prochain. Dimanche prochain, un pays de 3,5 millions de personnes va mettre la pile à la cinquième puissance mondiale.

Pour vous, après tout, c'est n'est rien.

Vous êtes déjà bien contents d'être là alors que vous auriez dû prendre l'avion depuis longtemps sans la cruauté de l'IRB pour les petites nations. Vous vous rendez compte de la joie que vous avez donnée à une personne seule et âgée comme Jo Maso, et à des jeunes en difficultés comme Alexis Palisson et Jean-Marc Doussain, sans parler de Fabrice Estebanez qui a réalisé un super carnet de voyage ? Profitez de votre séjour, soyez sympa avec les femmes de chambre et rentrez chez vous bien sagement. Vous avez beaucoup mieux à faire à Marcoussis, Toulouse, Clermont ou Biarritz et le rugby ne s'en portera que mieux (surtout à Biarritz, ça urge vraiment !).

Pour nous, cette coupe du monde, c'est tout.

Vous, vous êtes le pays des arts et des lettres, de la haute gastronomie, des chiffres et des lettres, du bon goût et de la mode. Vous envoyez des fusées dans l'espace, vous jouez à la guéguerre avec les États Unis et la Grande Bretagne, vous avez droit de reprendre du dessert pendant le G20 et franchement, vous n'êtes pas à un titre de champion du monde près. Même en escrime, vous gagnez !

Alors que nous, de qui pouvons-nous être fiers ?

De Peter Blake et de Kylie Minogue (ah non, pardon, elle est même pas néo-zélandaise...) ? Du mouton et du Seigneur des Anneaux ? N'oubliez pas que la Nouvelle Zélande est le pays qui a été colonisé par les Australiens qui ont réussi à s'enfuir ! Si vous nous enlevez le rugby, vous allez créer une catastrophe sans précédent : dénatalité, déprime collective, récession économique et j'en passe. Bref, vous allez foutre tout un pays dans la merde. Vous ne croyez pas que vous avez d'autres priorités en ce moment ? Vous ne croyez pas qu'il y a une crise économique mondiale à régler, un printemps arabe à accompagner et une campagne présidentielle Marty 2012 à ne pas rater ?

Vous ne croyez pas que vous nous avez fait assez de mal comme ça ?

Entre les massacres de Maoris perpétrés par Marion Dufresne, les essais nucléaires et le Rainbow Warrior, sans parler de Cardiff et de 1999, il me semble que la France nous doit bien une petite faveur.

Non, non, non.

Continuez à nous piller nos joueurs et nos entraîneurs, on vous les laisse de bon cœur, de toute façon, pour ce que vous en faites... Mais, for God's sake ! laissez-nous la coupe du monde !

N'allez pas ajouter une injustice à un tremblement de terre et une marée noire : nous avons assez souffert.

J'en appelle donc à la magnanimité et la générosité françaises, mais également à votre respect pour le jeu de rugby : vous avez déjà suffisamment gâché la fête en 1999 et 2007 !

En plus, ça facilitera la convalescence de Jonah Lomu et ça calmera un peu Christian Jeanpierre.

D'avance merci.

VC

dimanche 16 octobre 2011

Free fight in Auckland

Pendant la finale, il y aura un match dans le match, digne des plus grands combats de la WWE, un Royal Rumble de feu, le défi des capitaines, entre le King du Bling Bling, Richie "The Offside" Mac Caw, et l'Ayatollah des Rock'n Rollers, Thierry "Titi la Menace", la "Terreur des Minimes", Dusautoir.
Va y avoir du frotti dans les rucks, de la mornifle en pack familial et du musclor sur les arcades !
Pour vous donner un avant goût, quelques images à côté desquelles le Kapa O'Pango fait figure de chanson scoute :


Nota : Le blog de Vern déconseille aux âmes sensibles le visionnage de la finale dimanche prochain. Il se pourrait que le public nouvellement venu au rugby subisse une grande désillusion qui le dégoûte à jamais des joutes chatoyantes et bon enfant du Top 14.
Par ailleurs, l'excès de Christian Jeanpierre nuit gravement à la santé.
Les images ci-dessus sont tirées du film "Mean Johnny Barrows" (1976), reproduites sur Internet par Watercooler films.

Nota 2 : Pour encore plus de violence, cliquez ici.

samedi 15 octobre 2011

Exclusif (2) - Un message de Morgan Parra

Après Aurélien la semaine dernière, le Merdeux m'a écrit dans son style tellement personnel. Le moral est bon. Ah ! L'insouciance de la jeunesse...

Salut mon Vévé,

Je t'écris alors qu'on vient de se déchirer au Fu & Zen bar. Trop fort la cocotte ! J'me souviens plus du nom du DJ mais ça envoyait du gros. Y'avait aussi de la belette, de la Frenchie, de la Kiwie et de la Galloise bien imbibée, et surtout, inconsolable. La partie de chasse t'aurait plu... Quel dommage que Mathieu n'ait pas été là, on se serait encore plus amusé.
Les vieux sont restés deux heures et sont partis se coucher. Faut dire que Papé et Mamé (c'est comme ça que j'l'appelle, Lionel) étaient très fatigués et que Marc leur a donné une video de Gerhard Vosloo à potasser pour dimanche prochain : z'étaient pas sereins les anciens ! Julien Bonnaire n'est même pas venu, il a dit qu'il devait s'entraîner aux high kicks avec Chuck Norris et libérer ses chakras. L'autre soir, il nous a fait une démonstration de lévitation, c'était assez fun. D'ailleurs, si Tuilagi est tombé à l'eau, c'est parce qu'il a voulu faire comme Jubon. Sauf, que Julien, lui, il marche vraiment sur l'eau, la preuve :

C'est une vidéo que j'ai faite avec Quade Cooper. Il me donne des cours de tweeter, moi, je lui explique le travail de numéro 10. C'est normal de faire partager son expérience et il en a bien besoin...

Bon sinon, j'me suis bien gavé sur la demie. WOOT ! Deux-trois plaquages, des pénalités faciles, quelques percées. En fait, ouvreur, c'est pas si compliqué ! C'est ce que j'expliquais à François tout à l'heure. Jean-Marc a plussoyé un max.
C'est sûr, on a eu chaud. Mais Warburton, quelle truffe, quel noob ! "J'ai fait ce que j'ai cru bon de faire, gnagnagnagnagnagna..." Pffff ! Il a la répartie de Christian Jeanpierre ce mec ! lol ! Une vraie bande de Nolifes, ces Gallois !

Ah ouais, Aurélien m'a dit de te dire que son épaule allait beaucoup mieux : il arrive à couper sa viande tout seul maintenant. En revanche, sur le terrain, ça découpe pas fort ! encore Lol !!! ;-))
Bon, j'te laisse, comme on n'est pas fatigué, on s'fait un p'tit rugby manager 2011 avec Alexis. J'ai gagné la HCup avec Mont de Marsan et maintenant je vais jouer la RWC avec le Portugal. Je mets Julien Bardy demi d'ouverture : la méthode Lièvremont, ça marche à tous les coups.

Dis à David et Brock que j'arrive bientôt et qu'ils ont intérêt à élever leur niveau de jeu...

Pas d'folie à l'espace Edouard !

Morgan la star

PS : la vidéo est un extrait du film mythique "Remo, sans arme et dangereux" (1985).

mercredi 12 octobre 2011

Cent ans de solitude

Il y a cent ans jour pour jour, l'ASM était créée. Cela valait bien un petit hommage, pour une fois sérieux, inspiré librement de Gabriel Garcia Marquez.

Il y a cent ans, dans le merveilleux pays arverne, Marcel Michelin fonda une association sportive qui portait le nom de ses ancêtres, pour le délassement et l'édification des masses populaires, par l'activité physique et le jeu.
L'un des sports pratiqués se distinguait des autres par sa noblesse, mais aussi par sa violence et son tempérament. Le Rugby était jeune, il se moquait du qu'en dira-ton, il était vif comme une passe croisée et massif comme un derby. Il résonnait de gouailles, d'histoires secrètes en-mêlées, de débordements de trois-quart et de mi-temps surnuméraires.
Michelin, cependant, s'enticha d'une femme, prénommée Victoire. C'était la plus belle de toutes les femmes, plus belle que toutes les Auvergnates et toutes les Bourbonnaises réunies, elle était belle à s'en damner, à en perdre la raison.

Et pour cause...

Pour séduire Victoire qui se refusait à lui, Michelin se mit en quête de gloire et de reconnaissance. Lui, d'un naturel si modeste, dont l'aspect extérieur ne révélait jamais qu'il était le rejeton de l'une des plus illustres et des plus riches familles du pays Ovale, n'eut de cesse de conquérir le cœur de sa belle en lui offrant le plus beau des cadeaux, le plus célèbre des trophées, le mythique bouclier de Brennus.
Michelin était arverne : entêté, opiniâtre, tenace, humble et laborieux, mais pas sans génie. Il construisit son club comme un potier lève la glaise, comme un maçon monte un mur, mais non comme un condottiere conquiert une province, sans esbroufe ni rodomontade. Il procéda par touches successives, améliorant son œuvre d'heure en heure, de jour en jour, de mois en mois. Les mois devinrent années, les ruisseaux devinrent de larges fleuves, le coup de vent devint tornade. L'AS Michelin devint Montferrandaise, rendant honneur à la cité qui l'avait vue naître, dont les fils s'engagèrent par milliers pour participer à la quête de ce Graal moderne.

Bientôt le Bouclier fut à portée de main.

Michelin fourbissait ses armes. Il était dans la force de l'âge. Victoire resplendissait, elle semblait l'appeler si fort qu'on la lui promettait pour bien vite.
Mais les griots racontent qu'un matin de 1911, Michelin, se pressant pour assister à l'entraînement du XV de l'équipe première, passa devant un mendiant qui faisait l'aumône sous le porche de l'église des Carmes et lui refusa la charité. On dit que le mendiant était un peu gitan, un peu sorcier, un peu embrouilleur, certains disent qu'il était demi de mêlée, d'autres ancien joueur de Toulouse. Le nécessiteux lui jeta donc un sort, qui le vouait à quatre-vingt-dix-neuf ans de malédiction. Michelin s'en fut indifférent aux imprécations de ce pauvre d'esprit.

Mal lui en prit...

En Ovalie, cette malédiction devint légende. Michelin échoua deux fois à quelques centimètres du bouclier. Il ne put d'abord rien contre le Front Populaire. Il revint l'année suivante mais il était à bout et s'effondra après avoir mené. Puis, ce fut la guerre, et son cortège d'ignominie. Michelin mourut, héroïque, de la barbarie d'une nation qui n'entendait rien à la poésie et à l'honneur du Rugby.
Entre temps, il eut tout de même un fils, d'une liaison douteuse, un défi à la belle qu'il souhaitait outrager, à la manière d'une 89 mal négociée. Ce fils décida de poursuivre l’œuvre de son père. Victoire n'était plus en cause. Elle avait beaucoup coûté et peu rapporté, elle n'était plus vraiment belle et la vieillesse avait fini par faire rendre à son visage la sécheresse de son égoïsme.

Non, il ne s'agissait plus d'amour. Il fallait gagner et réussir là où le père avait échoué.

"Il se perdit dans des défilés embrumés, des espaces de temps réservés à l'oubli, des labyrinthes de désillusion. Il traversa un désert tout jaune et bleu où l'écho répétait les pensées qu'on avait dans la tête, et où l'anxiété suscitait des mirages prémonitoires."
Finalement, à force d'errances, d'abnégation et de pugnacité, il parvint à hisser à deux reprises le club tout près du bonheur. La première fois, il fut joué par deux frères, une paire d'anges miraculeux. La seconde, il fut brisé par une hydre infernale et imbattable, du Languedoc une fois de plus, cette patrie qui avait, trente deux ans plus tôt, rappelé son père à son destin.
De cette période, il reste l'immense joie d'une grande amitié, mais aussi l'immense tristesse d'un deuil terrible, foudroyant et implacable, une sombre après midi de mai 1976.

Et, de nouveau, le désert.

"Mais, les gens du pays arverne avaient trouvé matière à distraction nouvelle dans ces promenades dominicales au stade, où l'ambiance semblait venue d'ailleurs, un bruit qui n'avait encore pas servi et qui paraissait d'autant plus lourd à remuer pour que la voix se transmît. Parfois, on n'entendait pas très bien ce qui était prononcé à cinquante centimètres de distance mais les mêmes paroles s'avéraient tout à fait compréhensibles à l'autre bout de la tribune."
Le temps s'écoulait. On ne savait plus très bien quelle génération de Michelin était aux affaires. Tout cela sentait parfois la consanguinité, l'inceste, l'endogène... Mais la ferveur, quasi mystique, obsessionnelle, d'un peuple meurtri et exalté continuait à porter l'équipe et le club vers tous les cols, sans toutefois jamais les emmener vers le sommet.
"Il n'y avait, dans le coeur des Bibs, nul mystère qu'on ne pouvait pénétrer, dans la mesure où un siècle de cartes et d'expériences avait appris que l'histoire de la famille jaune et bleue n'était qu'un engrenage d'inévitables répétitions."
Il y eut même un jour de 1995 où l'association vacilla sur ses bases et faillit rejoindre les tréfonds des mondes inférieurs, où ses anciens bourreaux flottaient entre vie et trépas dans les eaux troubles de l'oubli. Mais un trois-quart au pied inspiré empêcha l'ASM de retrouver La Voulte, Vienne ou Béziers dans les oubliettes du Rugby.

Il y eut aussi des éclairs.

L'épopée de 1994 fut admirable. Un capitaine de l'époque, un guerrier, un lion, eut une inspiration un soir où, de nouveau, le chagrin et la déception emplissaient les cœurs jaunes et bleus. Il proféra ces mots inoubliables : "On donne du bonheur à beaucoup de gens, et c'est ça l'essentiel".

Si l'amour était de retour, il fut bien vite remplacé par l'argent.

Bientôt, les chasseurs de prime envahirent l'Ovalie. Il n'était plus question d'arrangements entre amis, de pelouses inondées pour niveler les niveaux, d'empoignades dominicales sur un terrain bosselé. Il fallut changer d'ère, casser son erre, respirer un l'air du fric.
Il y eut encore deux finales. Mais un ogre l'emportait toujours.

L'oeil était sur le stade et regardait Michelin.

Puis vint un sorcier du bout du monde. Il était lui aussi un peu gourou, un peu vaudou. Il sentait que la malédiction touchait à sa fin.
Tous les Michelin était morts. Leur ombre tutélaire planait sur la ville et levait un voile d'augure qui soupirait : "Venge moi, venge moi."
Le peuple du pays arverne, surpris de ce sursaut, n'en revenait pas. Pourtant, que la marche fut haute. Trois fois de plus, et trois fois plus, ils pleurèrent un soir de printemps. Ils furent conviés trois fois au banquet. Trois fois, ils soupèrent à la table des bannis. Trois fois, ils furent convives d'une farce sadique. Ils furent tantôt cocus, tantôt vaincus. Après la troisième défaite, il plut pendant onze mois et une semaine.

La malédiction semblait invincible.

Pourtant, le sort décida soudain d'être clément. Alors qu'un en-avant, un mauvais lancer, un rebond capricieux avaient été, jadis, les coups perdants d'un fatum ironique, 2010 vit enfin la chance sourire.

Le Bouclier fut, finalement, présenté entre Vercingétorix et Desaix.

Il s'était toujours dérobé, il avait fallu qu'une quinzaine de Maudits le dérobât.

Mais, quand bien même, au soir de la victoire, devant ce bout de bois chèrement gagné et adoré de tout un peuple, il y avait toujours des larmes au bord des rires, des larmes de bonheur bien sûr, mais aussi des larmes de soulagement, des larmes pour les anciens qui ne l'auraient pas eu, des larmes échappées enfin d'un cœur trop plein, d'un cœur injustement sevré de ce dont un esprit malin l'avait privé un siècle auparavant...

Nota : les passages entre guillemets sont des reprises à peine variantées de
Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez.

mardi 11 octobre 2011

Mon top 14 des trucs nuls du rugby

Quand je m'ennuie, je pense à des trucs sans intérêt comme le blog de Fulgence Ouedraogo ou le game plan de Biarritz. Ca m'aère l'esprit...

1. La note du match de Canal +.
2. Les reportages rugby de Stade 2. En fait, Stade 2 en général.
3. La chronique de Marcel Ruffo dans le Midol.
4. Les commentaires des articles de rugbyrama.fr.
5. Le livre de Sebastien Chabal.
6. Le radotage de Pierre Villepreux sur le jeu de mouvement.
7. Le mag de la coupe du monde de TF1.
8. Pierre Camou.
9. Le coup de genou en glissade et en retard du dernier défenseur sur le joueur qui vient de marquer l'essai.
10. Pierre Salviac. Quoique son blog fut un bon défouloir...
11. Les statistiques sur le nombre de passes réalisées par Toulouse contre Bègles-Bordeaux.
12. Une relance de Damien Traille.
13. Le jeu au pied de François Trinh Duc.
14. Le micro d'ambiance à côté de Simon Mannix.

dimanche 9 octobre 2011

Lancement de la campagne Marty 2012


Vern Cotter, Pierre Villepreux et Guy Novès n'approuvent pas le message suivant.

Ceci est un message enregistré depuis l'émetteur pirate et réactionnaire de France Régions 3 Auvergne. Le brouillage ou l'impression de régression temporelle que vous pouvez ressentir en lisant ce blog n'est pas le fait du contre espionnage ennemi : si vous êtes victime d'interférences, c'est peut être que vous avez passé la soirée avec Mike Tindall.


Auvergnats, Auvergnates,

Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête du rugby français, ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la victoire du french flair, s'est mis en rapport avec l'IRB pour obliger les libérations de balles rapides.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force physique, technique et tactique, de l'hémisphère Sud.

Infiniment plus que leur poids, ce sont les plaquages, l'envie, l'enthousiasme qui nous font reculer. Ce sont les plaquages, l'envie, l'enthousiasme qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui, et à se faire pousser la moustache.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause, moi qui ai perdu trois finales consécutives, je vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire revenir un jour la victoire du rugby "Gigot-haricots".

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a David Marty derrière elle. Elle peut faire bloc avec ce trois-quarts centre de devoir qui tient les ballons et continue la lutte pour le jeu à zéro passe. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites ce jeu fait de percussions et de passage au sol.

Toutes les fautes de main, toutes les montées défensives en retard, toutes les ballons gardés au sol, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force physique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force physique supérieure, celle de David Marty. Le destin du rugby français est là.

Moi, leblogdevern, actuellement à Clermont-Ferrand, j'invite les entraîneurs et les rugbymen français qui se trouvent en Auvergne ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs maillots ou sans leurs maillots (je pense à ceux qui posent pour les calendriers), j'invite les éducateurs des écoles de rugby du pays cathare et les préparateurs physiques adeptes de la créatine, les ménagères de moins de cinquante ans qui ont connu le rugby grâce à Sébastien Chabal et les anciens collaborateurs d'Albert Ferrasse qui se trouvent en Auvergne ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi pour soutenir la candidature Marty 2012.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance au beau jeu ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Sans passe, la France sera plus forte.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai sur ce blog.