lundi 9 avril 2012

The Brock James Facts

The Brock James facts :
  • Brock James ne joue pas au rugby : Brock James est le rugby.
  • Brock James ne manque pas de pénalité : il vise à côté des perches.
  • Brock James s'arrêtera de réussir ses coups de pied lorsqu'il l'aura décidé.
  • Brock James ne manque pas de plaquage : Brock James offre le porteur du ballon à sa troisième ligne.
  • Brock James n'est pas plaqué : Brock James se sacrifie pour l'équipe.
  • Ce n'est pas Brock James qui tombe, c'est la pelouse qui s'élève vers Brock James.
  • Brock James ne commet pas d'en-avant : c'est la terre qui ne tourne pas assez vite.
  • Si Brock James a attendu 2000 ans avant de venir en Auvergne, c'est pour ne pas faire d'ombre à Vercingétorix.
  • Brock James ne tape pas dans le ballon : c'est le cuir qui frémit de plaisir au contact du son divin pied.
  • Brock James n'a pas joué contre les Saracens : les Saracens ont regardé jouer Brock James.
  • Vern Cotter ne remplace pas Brock James : Brock James estime qu'il a suffisamment marqué de points pour aujourd'hui.
  • Brock James ne s'entraîne pas : Brock James se perfectionne.
  • Brock James est.
The Brock James facts

La photo du jour : chorégraphie

Le Maurice Béjart Ballet (en costumes dessinés par Jean-Alex Goude) prépare un ballet sur la vie de Brock James. (Photo : Rugbyrama)

dimanche 8 avril 2012

Q-Day


J'ai reçu un message codé du QG dans la nuit. Je l'ai fait transmettre deux fois pour être sûr que le brouillage ennemi n'en avait pas altéré le sens. Hélas :
- 31ème aéroportée dans l'impossibilité de percer - se replie en bon ordre malgré lourdes pertes - débarquement en Irlande annulé - 63ème auverborne dernier espoir national - entière confiance - à vous de jouer - terminé.
Dans la foulée, j'ai reçu une transmission vocodée du général Novès. J'entendais en bruit de fond les bombes qui pleuvaient sur sa position. Il hurlait dans le combiné pour se faire entendre. Je l'imaginais baisser la tête à chaque impact, le casque recouvert de terre :
- Vern, c'est à toi maintenant ! (Explosion) J'espère que les Rosbeefs seront plus faciles que les Scots. (Explosion) Ça m'aurait fait plaisir de te retrouver à Twickenham (Explosion - brouillage - silence puis reprise) Putain ! Que le colonel Beauxis fasse son job et nettoie les positions adverses pour nous couvrir, bon sang ! Excuse moi Vern ! Ça arrose pas mal par ici. Je voulais te souhaiter (Explosion) chance et te donner rendez-vous (brouillage) Paris, (brouillage) juin. Je sais que tu peux le faire ! Bonne guerre ! (Explosion - coupure du signal)
J'allais devoir réussir là où le général Novès venait d'échouer... Je savais également que la division Leinster avait écrasé la trop faible infanterie galloise. Le général Schmidt avait pris date. L'élève défiait à nouveau le maître. Une raison supplémentaire de vaincre...

Nous avons repris notre progression au petit matin. Au fur et à mesure de notre avancée, la citadelle de Vicarage Road s'élevait à l'horizon. Alors que nous étions en phase préparatoire de l'assaut, les éclaireurs revinrent essoufflés, porteur d'une étrange nouvelle :
- C'est incroyable ! Deux mille partisans jaunards ont débarqué hier et montent également à l'assaut. Ils tentent de nous ouvrir le chemin de la forteresse !
La nouvelle fut accueillie avec une clameur de joie dans les rangs. Je pris la parole :
- Messieurs ! En aucun cas nous n'avons le droit de les décevoir ! La victoire ou la honte !
Je lisais la résolution et l'orgueil dans le regard de chacun de mes hommes. Ils étaient conscients et fiers de la gravité de l'instant. Le capitaine des gardes hurla :
- En avant !
Et, sabre au clair, avec son panache blond flottant au vent, il mena la charge.
Les premiers mètres furent rapidement franchis. La résistance était faible. Ils avaient fait le choix de concentrer leurs forces et de nous attendre à l'intérieur. Cela signifiait :
- Politique de la terre brûlée - pas de quartier.
Le renseignement m'avait prévenu qu'ils comptaient abandonner prochainement leur base. Ce serait l'un des derniers combats qu'elle verrait. Dont acte.
Les hommes se ruèrent sauvagement dans la citadelle, entourés des partisans jaunards qui compensaient leur manque de puissance de feu par une ferveur extraordinaire.
De mon côté, comme à mon habitude, je regagnais un point haut pour mieux observer les évènements. La forteresse était immense, et l'on aurait pu y faire entrer plusieurs armées. Les hommes se retrouvèrent finalement au milieu d'une vaste étendue herbeuse, entourée de remparts élevés. La fuite était impossible sans pertes insupportables. L'atmosphère était pour le moins hostile. Les partisans jaunards, en très nette infériorité numérique, étaient aux prises avec leurs homologues anglais. Mais je savais qu'un Auvergnat chauffé à blanc vaut quatre Anglais imbibés de bière. Je savais aussi que nos partisans, ces peuples de la montagne, comptaient parmi les plus rudes et les plus rustiques d'Europe.
Soudain, le bataillon de spahis orientaux de Watford apparut en bon ordre dans mes jumelles. Une cavalerie puissante et mobile à la fois. Spectacle tout aussi effrayant qu'excitant. Comme prévu, le choc serait terrible.
Abandonnant un instant mes binoculaires, je me tournais vers l'opérateur radio et lui hurlais :
- Ouvrez le feu !

samedi 7 avril 2012

Avant la bataille (2)


L'opération aéroportée s'est déroulée avec succès.
Nous nous sommes rapidement mis à couvert dans une forêt à l'ouest de l'objectif. Nous progressons avec circonspection pour éviter les bandes de partisans qui infestent la région. Il n'est pas question de s'exposer inutilement.
Watford est à portée de fusil. Tout paraît calme dans le voisinage, mais je sais que l'ennemi est là, vigilant. Il guette. Peut être même qu'il connaît notre position, mais qu'il nous attend patiemment pour nous combattre sur son terrain. Il a tout intérêt à demeurer dans sa citadelle et nous prendre à parti alors que nous monterons à l'assaut.
Notre temps est compté, et nous ne pourrons pas nous cacher indéfiniment, de même que l'ennemi ne tolèrera pas longtemps cette présence sur son territoire. Le choc aura lieu. Je le prévois pour demain, en fin d'après midi. Il devrait être bref, mais intense. Il y aura un vainqueur... Et un vaincu...
La nuit tombe, nous bivouaquons. J'essaie de prendre contact avec le général Novès. Silence sur la fréquence... Les hommes ont l'air serein. Leur instinct leur dit que le moment n'est pas encore venu. Après l'excitation du départ, il est temps de se reposer avant l'engagement. Derniers réglages, dernières recommandations. Dans l'obscurité, certains passent d'un groupe de combat à l'autre en chuchotant des conseils et des encouragements. Je discerne parfois l’éclat de leurs yeux dans la pleine lune, qui contraste avec la noirceur de leurs visages grimés. J'ai du mal à les reconnaître, ils ne forment plus qu'un ensemble cohérent et des-individualisé. Je tente de les discerner d'après leurs expressions et leurs postures. Je fais inconsciemment une revue d'effectif. Je pense à ceux qui sont restés à la base et qui préparent déjà la prochaine bataille, mais qui seront tous au PC de transmissions au moment du choc, pour connaître, en direct, le résultat de l'assaut.

Je ferme les yeux.

Je les imagine tous en action, chacun avec ses qualités, ses défauts, ses humeurs et ses secrets. Je vois ces trente bonshommes, si humains, si différents, si forts et si fragiles.
Je sais leurs angoisses, leurs ambitions ou leurs fêlures.
Je connais les dissensions et les petites inimitiés au sein du groupe.
Mais je sais que lorsqu'ils montent au combat, ils n'ont qu'un seul objectif, qu'un seul intérêt, la victoire.

Ce doit être cela, une équipe...

Je suis fier d'être parvenu à cela.


J'écoute. Tout est calme. Je n'ai plus peur.

La fatigue, aussi vigilante que l'ennemi, me guette à son tour. J'ai besoin de force pour demain. Je sombre dans un sommeil aussi profond que le néant.

jeudi 5 avril 2012

Avant la bataille

Je me suis approché de Gerhard. Je lui ai dit :
- Gerhard, tu ne feras pas l'assaut avec nous dimanche.
Il a levé ses yeux de loup vers moi dans une expression d'immense détresse :
- Je sais, Chef, je sais...
Le Barde était à côté en train de nettoyer son arme, mécaniquement. Il baissait la tête et regardait fixement devant lui. Il finit par murmurer :
- T'inquiète pas, Gerhard, on va te la gagner cette bataille, et tu seras à Bordeaux avec nous pour le Grand Combat.
Je m'éloignais et je passais devant Nathan. Il aiguisait consciencieusement un long coutelas avec un air gourmand. Le compliment que le vice fait à la guerre...
Morgan, David et Brock examinaient des cartes d'état major, cherchant la meilleure tactique pour déborder. Je suivis quelques instants leurs délibérations, puis je regardais mon petit caporal d'un air interrogateur :
- Ça ira, Chef, ça ira... Quand tout cela sera terminé, on ira boire une bonne bière dans un pub de Londres.
Je poursuivis silencieusement ma tournée. Chacun était dans sa bulle, concentré, mais je ressentais la force collective. Nous avions tant combattu ensemble que nous n'avions plus besoin de mots pour nous comprendre.
Le Capitaine des Gardes faisait lui aussi le tour des popotes. Il était souriant et plaisantait avec les hommes. Elvis l'accompagnait et chambrait gentiment. Ils avaient certainement aussi peur que les autres mais ne le montraient pas. Les plus jeunes, Jean-Marcellin et Noa affichaient toutefois une assurance roborative : placés en réserve, ils abordaient l'épreuve avec insouciance et optimisme.
Je terminais mon tour au bureau des opérations d'influence. J'espérais que leur idée de brouiller le contre espionnage en lançant des informations tous azimuts et sans cohérence nous aiderait à gagner la guerre de l'intox et à dissimuler nos plans jusqu'au dernier instant.
Je retournais dans mes casernements. J'avais ordonné, j'avais défini la tactique générale, j'avais fait mon travail. J'aimais ces petits moments de calme avant la tempête. Chacun, en fourbissant ses armes, savait ce qu'il avait à faire. Tout était désormais entre leurs mains et j'allais assister, spectateur, à l'engagement.
J'essayais d'imaginer l'état d'esprit de mon adversaire au même moment. Je tentais de me le représenter, songeur, élaborant ses plans dans le secret de sa conscience. Etait-il confiant, pensait-il avoir échafaudé une stratégie que je ne serais pas en mesure de contrer, ses hommes étaient-ils mieux entraînés que les miens ? Je me rassurais en me disant qu'il était désormais trop tard pour se poser ce genre de questions. Le sort était jeté.
La sirène de l'alerte retentit. Branle-bas de combat. C'était l'heure.

Hommage aux Cybervulcans

Aujourd'hui, dans le cadre de sa célèbre rubrique "Brock James Beaucoup de que Vous Faites", le Blog de Vern, toujours à l'affût de nouvelles tendances et à l'écoute de ses lecteurs, vous propose un texte rédigé par un contributeur qui a tenu à conserver l'anonymat. Sachez simplement qu'il publie habituellement sur l'un des sites les plus en vue du moment.
Cet article est initialement paru sur l'excellente Désencyclopédie, dont la devise "Si vous prenez au sérieux un traître mot de ce qui est écrit, vous êtes encore plus con que vous en avez l'air." pourrait également s'appliquer à ce blog.
A la fois drôle et décalé, ce qui me semble une raison suffisante pour en assurer la meilleure publicité, ce billet nous parle avec humour et, à n'en pas douter, affection, d'un forum cher aux Jaunards, www.cybervulcans.net.
Le niveau de stress augmentant par ailleurs naturellement et exponentiellement chez les supporters montferrandais à l'approche du "match de l'année" (en attendant une éventuelle demi-finale), j'ai trouvé utile de décontracter les sémillants lecteurs de ce blog par un sujet sans rapport immédiat avec l'actualité.

Avertissement : les personnes adeptes du premier degré risquent de trouver cet article sans intérêt, voire calomnieux.

* * *
Cybervulcans

Cybervulcans est le site officiel des supporters de l'ASM Clermont Auvergne.

Désireux de s'orienter vers les nouvelles technologies les plus porteuses, les créateurs choisissent l'internet comme seul et unique média, et ce dès son apparition en Auvergne en 2008.

Parce que réservé de ce fait au lecteur intéressé par le rugby, appréciant Clermont-Ferrand et sachant situer l'Auvergne, les auteurs du site ont judicieusement choisi un modèle économique non lucratif. Conscient cependant d'appréhender une thématique porteuse, "L’argent récolté par la publicité sur le site et les dons, les opérations spéciales, servent à améliorer le quotidien des enfants." Peu reconnaissants, ceux-ci vous obligent cependant toujours à regarder avec eux un DVD de Walt Disney alors qu'il y a La Rochelle - Grenoble sur l'autre chaîne...

L'équipe marketing du site, soucieuse de marquer l'identité de la structure, choisit un thème jaune et bleu. Pas n'importe quel jaune, ni n'importe quel bleu, mais bien les à peu près officiels de l'entreprise Michelin, principal mécène du Club, qui a elle même fait le choix de ce mariage artistique audacieux sur le principe suivant : coller des stickers au cul de toutes les voitures de France, c'est bien, mais si ça pique c'est mieux. En 2011, les autorités sanitaires imposent à la direction du site d'apposer un avertissement sur les risques liés à l'épilepsie.

L'intégralité de la ligne éditoriale du site vise à encenser par tous les biais possibles ce qui touche de près ou de loin à l'ASM Clermont Auvergne, le tout avec la retenue et la clairvoyance évidemment nécessaires à l'exercice. Les rares entorses à cet article n'étant autorisées qu'afin de détruire la réputation et l'honneur de toute équipe adverse, car avec tout le respect dû et les valeurs de camaraderie inhérentes à notre noble sport, l'adversaire n'en demeure pas moins un enculé.

Cette dernière particularité risquant tout de même de confronter les auteurs à diverses déconvenues judiciaires, ces derniers ont l'idée génialissime d'adosser au site un forum depuis lequel ces quelques animosités amicales peuvent s'épanouir sans risque.

Ce forum devient rapidement un élément stratégique, populaire, ou chaque supporter peut faire part de ses analyses pertinentes et de ses griefs variés dans son bon droit. Le nombre de membres considérable s'explique en partie par le fait que les 2/3 des Clermontois travaillent dans une ferveur absolue chez Michelin, le dernier tiers étant allé à l'école.

Une rumeur peu scrupuleuse lancée par quelques clubs concurrents prétexte que la majorité des membres actifs sont en réalité des salariés à la solde de l'entreprise Michelin. A l'instar du public clermontois que l'on trouve dans des proportions anormales dans tous les stades de rugby de France et d'Europe, et qui serait également constitué des salariés de la multinationale habillés aux couleurs du club, afin d'assurer à l'entreprise une couverture visuelle d'une extrême efficacité sans avoir à s'acquitter du prix des encarts de Canal+.

L'équipe éditoriale n'hésite pas à se heurter à des problèmes d'actualité et autres sujets de fond, comme Pour ou contre l’appellation « Jaunard »? ou encore L’orchestre de Laure Forestier fête ses 10 ans pendant que les membres du forum guettent l'arrivée d'un supporter adverse afin de l'insulter dans un français approximatif. Toutefois, dans un esprit d'ouverture et avec un désir d'élargir l'horizon, plusieurs projets de jumelage ont vu le jour avec les forums officiels d'autres clubs, afin de faciliter les voyages d'étude et d’approvisionner des échanges enrichissants. Ainsi, il n'est par exemple pas rare d'assister au lynchage folklorique d'un Cybervulcan sur le forum officiel du Stade Toulousain

lundi 2 avril 2012

Après la bataille - Avant la bataille

Les hommes sont las. Les chevaux fourbus. Même si nous avons percé à trois reprises, les munitions nous ont cruellement fait défaut. Nous avons subi les assauts de l'ennemi sans interruption et, si nous nous sommes retirés en bon ordre, la défaite tactique est incontestable.
De retour au camp retranché, il a fallu dénombrer nos pertes, dont l'ampleur a dépassé mes craintes : l'infirmerie n'est plus assez grande pour accueillir tous nos blessés. Ils sont donc désormais nombreux à gésir dans des lits disposés dans les couloirs. Les valides passent à côté de leurs camarades en leur jetant de furtifs regards compassés et gênés. C'est moche mais il faut avancer.
Je suis inquiet pour mon "petit caporal" : je l'ai croisé dans un boyau, boitant et se tenant la cuisse. Une baïonnette de Biarritz... Il m'a dit que ça irait mais je n'y crois pas. J'allais au chevet des troupes de première ligne, les plus éprouvées : c'est l'hécatombe. L'ambiance était franchement morose. L'un râlait dans un coin, un autre tentait de se lever pour s'effondrer aussitôt, soutenu maladroitement par des infirmières. Même la compagnie géorgienne, si dure au mal, semblait touchée...
L'opération est prévue dimanche prochain, en fin d'après midi. Nous devrions être parachutés quelques heures avant dans la campagne londonienne. De son côté, la 31ème aéroportée du général Novès aura Édimbourg pour objectif. Le but de cette manœuvre coordonnée est de se mettre en position d'affronter les légions irlandaises. Si nous passons, nous aurons l'avantage du champ de bataille. Et le général Novès aura la lourde tâche de remonter le Shannon avant de débarquer à Limerick, avant une hypothétique jonction à Twickenham... S'il réussit, le bâton de maréchal ne sera plus très loin...
Mais nous en sommes encore loin.
Pour la première fois de la saison, j'ai senti les troupes vaciller. Pour la première fois de la saison, le sort ne nous a pas été favorable. Et, naturellement, ce moment arrive lorsque nous nous trouvons au pied du mur. Nous sommes dans une situation singulière : nous n'avons jamais été aussi forts que cette année, mais nous n'avons jamais été aussi fragiles cette année.
Parviendrons-nous à dépasser ce paradoxe ?